23
Mars
2014

Un livre découvert grâce à la Librairie des Cordeliers, attendu jusqu'à noël pour l'avoir entre les mains et lu sans m'arrêter.

Premier livre 2014 :



« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé.
Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... »

Sorj Chalandon :

[...] "C'est un livre pour qu'on pleure ?" a interrogé une autre ? "Ce n'est pas facile de comprendre qu'on puisse tout quitter pour retourner à la guerre", a lâché un troisième. Que c'était difficile. A la fois répondre, expliquer, rassurer. Pendant dix jours, du 8 au 18 octobre, de Lyon à Nancy en passant par Lille, Toulouse, Marseille et Nantes, les sélectionnés de la liste Goncourt sont allés à la rencontre des lycéens. Pas tous, certains seulement, avec leur texte et leur voix pour tout bagage.

Dans des amphithéâtres, des cinémas, des salles de congrès, nous étions seuls face à cette multitude, répondant aux questions, éclairant un passage du roman, tentant de raconter, d'expliquer, de justifier, de convaincre. En face de nous, soudés par une belle qualité de silence, se tenaient nos juges et nos jurés. Certains notaient, d'autres ne nous quittaient pas des yeux. Des centaines de regards qui ne nous disaient rien, ou pas grand chose, qui attendaient de voir qui nous étions et de comprendre ce que nous avions voulu partager. Le texte comptait, bien sûr. Et lui seul, d'abord, en premier. Mais comptait aussi nos mots sur scène, nos gestes, notre sincérité ou notre détachement. Ils nous épiaient, nous les observions. Massés par classes, par lycées, par villes, feuille tremblante entre leurs mains, question hésitante ou franche, sèche comme la trique ou pleine de compliments déguisés.

A la fin de ces rencontres, parfois l'exaltation, d'autre fois l'abattement. La salle avait bien réagi, ou mal. Détacher du regard ces deux-là qui somnolent. Donner de la voix, parler plus fort dans le micro, essayer de ne pas donner chaque fois les mêmes mots, de ne pas user les phrases pour en faire des slogans, de la réclame, du toc. Les lycéens repéraient ce qui sonnait faux.

Et puis nous nous sommes tus. Epuisés, tous. Et tout était joué. Tout était trop tard, trop écrit, trop dit. Plus une phrase ne pouvait être ajoutée au livre, plus un mot ne pouvait être retiré des débats.

Ensuite, il a fallu attendre 27 jours encore. Avec des rencontres en librairies, des salons du livre, les premiers prix littéraires qui tombaient, laissant des blessés tout autour de l'impact. Chaque soir, je pensais aux lycéens. Ce que nous avions dit, montré, suffirait-il à leur donner envie d'ouvrir le livre. Et puis d'autres après, quand tout serait consommé ?

Le 14 octobre à 12h45, avait écrit la presse. Ce jour-là, et à cette heure, serait désigné le lauréat du Prix Goncourt des Lycéens. Vers 12h15, j'ai quitté le Canard Enchaîné, où je fais mon métier de journaliste. Je ne voulais personne autour, ni visage familier, ni conversations. Rien. Je suis allé dans les jardins des Tuileries, à deux pas. La pluie avait cessé. Je me suis assis sur une chaise de fer, glacée et humide, face à la fontaine. Tout était désert. Seules les feuilles d'automne et le soleil pâle. J'ai posé mon téléphone sur mes genoux, le faisant jouer le Pie Jesu de Maurice Duruflé, qui tient une place à part dans Le Quatrième mur, mon roman. C'est avec ce requiem, chanté par Bartoli, que j'ai écrit mon livre, pendant deux ans. Et je voulais que cette musique m'accompagne encore quelques minutes, au moment fragile des résultats.

A 12h43, une sonnerie a coupé la musique. Un numéro inconnu s'affichait. Je n'ai pas décroché. J'ai écouté la fin du morceau,lorsque la mezzo-soprano fait silence et puis le violoncelle, au loin, léger comme le vent. C'est alors qu'un numéro ami a cogné la musique, et puis un troisième, un quatrième, comme une nuée d'enfants qui dévalent des escaliers en hurlant.

Je n'ai pas décroché.

J'ai pleuré."


Un livre qui reçoit le prix Goncourt Lycéen.

Un livre dont l'histoire ne nous laisse pas sortir indemne, qui transforme, et transporte, même si l'on connaît mal Le liban, les coutumes, les croyances, les rivalités de ces ennemis. Un livre dont on a envie de croire à l'histoire jusqu'au bout et même après. A laquelle on s'accroche parce qu'elle est tellement belle et forte. Un livre sur la guerre et ses origines, qui, comme à  chaque conflit se retrouve être les mêmes : la religion. Elle-même, qui à la base est faite pour rassembler, est aussi puissante et destructrice. Un livre sur l'amitié, les promesses, la confiance, l'amour, la guerre, la passion, un livre sur l'art. Un livre qui fait découvrir un auteur, une écriture simple mais lourde de sens, de messages et de force. Un livre puissant, qui bouleverse, et fait pleurer.

Un livre 2013, mon trésor de 2014... à conserver indéfiniment.


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22
Mars
2014

Créer un patron... l'appeler Coquelicot... mais n'y voir aucun lien avec le rendu... :) Juste pour le plaisir d'utiliser le nom de ma fleur préférée...

Voici ma dernière nouvelle cousette, sortie de la MAC il y a une semaine, j'ai quand même attendu que le temps devienne tout pourri avec pluie et ciel gris pour la prendre en photo... mais quelle idée !!

a.jpg

J'ai basé mon patron sur un mélange d'Henriette en modifiant les épaules pour qu'elles basculent sur le devant, du dos de Datura, des plis creux cousus inspirés de la tunique de Clo, un col claudine tout dessiné à partir de ces explications, et puis bin la patte de boutonnage ça reste ma spécialité !

Le tout avec un superbe chambray de coton bio tissé-teint en France, colori Nuage (un léger gris qui apparaît un peu bleuté sur la photo ;))  des Trouvailles d'Amandine, de biais argenté et de mini boutons from La Droguerie Lyonnaise. 

Un peu style artiste-peintre qui sort de son atelier... (sans les taches de peinture ;) ).... j'aime beaucoup.

z.jpg

Avec petit détail de biais intérieur en bas de la tunique et au col : un biais tout simple à petites feuilles en couleur.

Et pour l'effet Coquelicot, à la base il devait y avoir une broderie de coquelicot sur le bas d'un des côté... mais... comment dire... flemme... On l'essaye comme ça et puis... on fait comme si ce sera fait plus tard... :)


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2
Février
2014

Après un bilan grostesque des cousettes de l'année 2013, il est temps de repartir sur de bonnes habitudes : à savoir coudre plus souvent et mieux !

Quoi de mieux alors pour se motiver que de suivre un défi... A savoir pour cette année : le Wearability Project établi et proposé par Eléonore, qui en d'autres termes est en fait une étude de sa garde robe et des tenues portées pour ne créer/acheter que ce qui sera portable sur la durée.

Pour ce qui est des achats de vêtements, mes dépenses ne seront pas difficiles à réduire étant donné que depuis quelques temps déjà le made in everywhere else than France est au maximum prohibé.

L'année 2014 continue donc avec un Châtaigne rudement rentable car son prédécesseur est déjà porté presque une fois par semaine (si la lessive et le repassage arrivent à suivre derrière ;) ).

Le nouveau est donc en jean de coton Bio tissé-teint en France acheté sur le site des Trouvailles d'Amandine.

ChataigneJean1.jpg

Rien de bien différent de la première version, j'ai encore coupé une taille 40 pour être à l'aise mais je devrais peut-être penser la prochaine fois à réduire pour un 38. Je n'ai pas cousu les fausses poches au dos mais des poches classiques appliquées et fermées par un joli bouton en bois du fil de soi.

Sur le jean, ça a été un régal de faire un joli point de surjet (encore j'amais utilisé... a quoi ça sert d'avoir 50 points si ce n'est que pour faire du point droit !! :)... pardon Bernina Chérie, je ne connais pas encore toutes tes possibilités... ) et je n'ai donc pas encore testé les coutures à l'anglaise. Par contre j'ai surfilé avec une aiguille double pointes et les revers des jambes sont cousus.

ChataigneJean2.jpg

ChataigneJean3.jpg

A suivre ? mmmh...Pourquoi pas un bilan des tissus en stock et de les coudre avant d'en acheter de nouveaux... (c'est bien ça !)

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29
Janvier
2014

Héhé ! La couture revient en ce début d'année - après un mois de calme plat ... oups - Et avec un nouveau patron : Le tee-shirt Plantain offert généreusement par Eleonore de Deer and Doe. (Merci merci !)
En plus, quelques jours après sa sortie, Eleonore a lancé Le défi Plantain.


il fallait donc s'y mettre vite vite - pour rendre sa version avant le 31.01.2014 minuit :) -

C'est chose faite !
Après quelques hésitations sur les côtés techniques de la "chose", j'ai a-b-s-o-l-u-m-e-n-t voulu tester une technique* de superposage de jersey de coton : accompagnée d'un découpage dangereusement finement mené et de couture à la main.
Le tout, pour utiliser des cotons de jersey marron et corail, acheté cet été chez Cousette et qui, utilisés seuls auraient eu un effet vraiment trop transparent !

Le choix du motif s'est fait très rapidement sur une création de la boutique kushKush : un ren♥♥♥rd ! J'ai donc d'abord dessiné le renard sur papier afin de déterminer quelles parties devaient apparaître en marron ou en corail pour en conclure qu'il fallait aussi ajouter une touche de blanc (un peu de flanelle ma chère !).

TeeShirtRenard1.jpg


J'ai donc cousu pour commencer un plantain corail pour vérifier : les dimensions, la facilité (ou pas) de coudre le jersey sans aiguilles jersey (pour la prochaine version ; j'en achète une !!). Le patron est donc parfait (quelle question : c'est un patron Deer and Doe tout de même héhé !)
Donc ensuite il n'y avait plus qu'à coudre le plantain marron et ..... découper ! Youpiiiiiiii

TeeShirtRenard2.jpg
Un badge maison réalisé avec du tissu Atelier Brunette et la machine SuperBadge It!, quelques sequins et c'est fini !!

TeeShirtRenard3.jpg
Le jersey étant vraiment fin, j'ai d'abord entoilé une forme de renard sur l'envers du tee-shirt marron pour que cela soit plus simple à couper et que cela ne roulotte pas.
Pour une prochaine expérimentation de cette technique, il faudra par contre que j'affine le placement du tissu rajouté (le blanc) parce que certaines parties ne sont pas maintenues dans la couture à la main.

C'était donc ma version #1 de Plantain, Qu'en pensez-vous ?


*Quelqu'un connaîtrait-il d'ailleurs le nom de la technique de découpe-coouture à la main ? Je l'avais vu passer à un moment sur le forum de Thread&Needle... mais où... ?


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29
Novembre
2013

Premier essai de couture d'un short, grâce à la sortie du patron châtaigne de Deer and Doe et au Sew Along proposé par Pimsy - qui a largement fait accélérer les choses ;) - merci du coup !

Vraiment plus rien à me mettre et une envie de short d'hiver cette année s'est fait ressentir - à porter avec les collants de la gambette box  -... donc la sortie de Châtaigne est tombée pile poil, merci à toi Eléonore pour ce très joli patron! Donc après avoir déjà testé la jupe chardon - pas encore en photo désolée - et une version de la Datura, j'ai commandé ce nouveau patron.

Après avoir longuement hésité de faire ou pas une toile... mais quel tissu prendre pour une toile ? je n'ai rien en stock ! :) :) Et bien ce sera sans toile et avec un tissu acheté il y a presque un an pour coudre... rien du tout ! Du coup, pour ce short d'hiver, ce sera de la gabardine grise de chez Cousette.

Pimsy prévoyait de commencer le Sew Along samedi 23, avec les étapes de choix du tissu, décalcage, ajustage et découpe du tissu.

shortChataigne2.jpg

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Mais bien lancée dans le projet, je n'ai pas vraiment respecté les dates du Sew Along, puisque 6 heures de couture plus tard... Mon premier châtaigne était prêt pour la soirée !! hihi !

Rien à redire sur ce patron. N'ayant pas fait d'essais de toile, j'ai directement prévu une taille 40, au cas où, pour pouvoir ajuster la largeur. Finalement ça a été top!  Assez large sur les hanches, bien à l'aise dedans en tous cas !

Comme c'était un premier essai, je n'ai pas apporté de modifications.

shortChataigne4.jpg

Mais à prévoir :

  • de vraies poches au dos,
  • du passepoil sur la ceinture,
  • des coutures anglaises pour faire "comme un vrai"
  • et un revers dans un tissu contrasté.


Voici donc la version #1 :

shortchataigne1.jpg

shortchataigne2.jpg


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25
Novembre
2013

En attendant l'arrivée de plume de paon, ma prochaine prèf de prèf Gilliat de de rerum Natura, il fallait absolument terminer l'en-cours qui occupe les aiguilles circ. n°6 : LE textured shawl, tricoté en Abuelita Yarn - Merinos Worsted Ed. Spéciale, colori Sacred tree

Déjà tricoté à la fin de l'été 2012 pour le Défi13 Chocolat&Caramel, il n'était pas assez grand à mon goût pour pouvoir laisser la grande pointe devant et remonter les petites autour du cou... :) :) ce qui fait que deux nouveaux écheveaux d'Abuelita ont du se rajouter. Mais j'ai tout défait pour pouvoir retricoter en aiguilles plus grosses...Autant repartir sur de bonnes bases !

Defi13Chocolat.jpg

Version été 2012

Et donc un an plus tard, hum hum, le texured shawl repointe le bout de son nez... ET c'est un régal de douceur et de chaleur !!! Un shawl tout moelleux où il fait bon se lover, même les oreilles s'y mettent au chaud en période de grand vent, c'est à dire presque tout temps à cause de mr Mistral.

texturedshawl.jpg

Version automne 2013


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